Lettre d’une adhérente du CREAL 76 à Dominique Dattola

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ESPE

Votre lettre particulièrement émouvante, transmise et lue avec délicatesse par Francine Roussel en  ouverture de la journée « Laïcité » de Mont-Saint-Aignan a été accueillie dans un grand silence, révélateur d’une émotion partagée et de la sympathie de l’auditoire avec votre grande tristesse.

Votre film développé en un triptyque historique, artistico-technique et musical est un bel hommage au jeune chevalier de La Barre, victime de l’obscurantisme religieux dans la France du XVIIIème siècle. Pourtant son histoire, d’autres la vivent actuellement sous d’autres ciels, où règnent des  dictatures théocratiques, mais aussi dans des pays où la démocratie est en phase de grande fragilité et de régression.

Ainsi il y a quelques mois Mohamed Cheikh Ould Mohamed, jeune Mauritanien, a été condamné à mort pour apostasie par un tribunal de son pays. Karim jeune étudiant égyptien de 23 ans a été arrêté, détenu cinquante-cinq jours, puis libéré sous caution, avant d’être condamné début janvier à trois ans de prison pour « insulte aux religions ». Le Saoudien, Raif Badawi, bloggeur de 31 ans, est emprisonné depuis 3 ans et condamné à 1 000 coups de fouets et 10 ans de prison pour avoir osé critiquer la police religieuse saoudienne et écrire des textes en faveur de la liberté d’expression. En 2013, Fazil Say, compositeur et pianiste virtuose turc de 43 ans était condamné à 10 mois de prison pour « insultes aux valeurs religieuses de l’islam », après avoir posté sur les réseaux sociaux des tweets reprenant des vers du grand poète persan du XIème siècle Omar Khayyam, par lesquels il exprimait son athéisme. Deux exemples de tweets jugés blasphématoires : « Vous dites que des flots de vin coulent au paradis. Est-ce que le paradis est une taverne ? », ou encore « Vous dites qu’il y a au paradis deux houris (femmes vierges) pour chaque croyant. Est-ce que le paradis est un bordel ? »

Mais, heureuse coïncidence … ce 26 octobre 2015, Fazil Say recevait en l’Hôtel de Ville de Paris le Prix international de la laïcité remis par Comité Laïcité République en même temps que la cour suprême d’appel turque annulait sa condamnation, reconnaissant que l’artiste avait agi dans le cadre normal de la liberté d’expression. L’histoire du chevalier de La Barre est donc toujours d’actualité….

« Quand le passé peut éclairer le présent ».

Catherine Lecoq
Membre du Créal-76

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