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Sortie Ouest pour le Chevalier le 1er Décembre à Beziers

POSTED ON 15/11/2015 a 12:12  - POSTED IN Projections

SORTIE-OUEST

Lettre d’une adhérente du CREAL 76 à Dominique Dattola

POSTED ON 06/11/2015 a 20:20  - POSTED IN Projections

ESPE

Votre lettre particulièrement émouvante, transmise et lue avec délicatesse par Francine Roussel en  ouverture de la journée « Laïcité » de Mont-Saint-Aignan a été accueillie dans un grand silence, révélateur d’une émotion partagée et de la sympathie de l’auditoire avec votre grande tristesse.

Votre film développé en un triptyque historique, artistico-technique et musical est un bel hommage au jeune chevalier de La Barre, victime de l’obscurantisme religieux dans la France du XVIIIème siècle. Pourtant son histoire, d’autres la vivent actuellement sous d’autres ciels, où règnent des  dictatures théocratiques, mais aussi dans des pays où la démocratie est en phase de grande fragilité et de régression.

Ainsi il y a quelques mois Mohamed Cheikh Ould Mohamed, jeune Mauritanien, a été condamné à mort pour apostasie par un tribunal de son pays. Karim jeune étudiant égyptien de 23 ans a été arrêté, détenu cinquante-cinq jours, puis libéré sous caution, avant d’être condamné début janvier à trois ans de prison pour « insulte aux religions ». Le Saoudien, Raif Badawi, bloggeur de 31 ans, est emprisonné depuis 3 ans et condamné à 1 000 coups de fouets et 10 ans de prison pour avoir osé critiquer la police religieuse saoudienne et écrire des textes en faveur de la liberté d’expression. En 2013, Fazil Say, compositeur et pianiste virtuose turc de 43 ans était condamné à 10 mois de prison pour « insultes aux valeurs religieuses de l’islam », après avoir posté sur les réseaux sociaux des tweets reprenant des vers du grand poète persan du XIème siècle Omar Khayyam, par lesquels il exprimait son athéisme. Deux exemples de tweets jugés blasphématoires : « Vous dites que des flots de vin coulent au paradis. Est-ce que le paradis est une taverne ? », ou encore « Vous dites qu’il y a au paradis deux houris (femmes vierges) pour chaque croyant. Est-ce que le paradis est un bordel ? »

Mais, heureuse coïncidence … ce 26 octobre 2015, Fazil Say recevait en l’Hôtel de Ville de Paris le Prix international de la laïcité remis par Comité Laïcité République en même temps que la cour suprême d’appel turque annulait sa condamnation, reconnaissant que l’artiste avait agi dans le cadre normal de la liberté d’expression. L’histoire du chevalier de La Barre est donc toujours d’actualité….

« Quand le passé peut éclairer le présent ».

Catherine Lecoq
Membre du Créal-76

Courriel de Francine Roussel à Dominique Dattola (extrait)

POSTED ON 04/11/2015 a 21:21  - POSTED IN Projections

ESPEJe viens dès ce soir te donner quelques nouvelles, je complèterai plus tard. Ton texte a donc été lu ce matin, avant les interventions de Laurent Lemarchand et Christiane Mervaud. Merci pour ce texte émouvant. Christiane Mervaud défend le même point de vue que toi sur les vrais motifs du procès fait au Chevalier. Son propos sur le film : « Excellent ». Je lui ai dit ton regret de n’avoir pu la rencontrer. Ton film a été jugé « beau », très riche. Des enseignants le trouvent un peu long et envisageraient de le projeter à leurs élèves en plusieurs fois. Je sais que tu ne vois pas les choses ainsi.

Henri Pena Ruiz, en introduction, a évoqué ton absence et sa raison et a exprimé une pensée particulière et amicale à ton égard. Il est resté deux heures. L’amphi était à peu près plein, dont pas mal de jeunes qui ont été très sollicité par HPR pour poser leurs questions.

Cela fait maintenant la quatrième fois que je vois ce film, je ne m’y ennuie toujours pas, le trouve toujours aussi beau et construit avec intelligence. J’espère que ce petit compte-rendu ne perturbera pas tes préoccupations actuelles. Jean Michel Sahut a suggéré de t’envoyer l’affiche concoctée par Jean François Brochec qui a vraiment fait un gros travail pour assurer cette journée.

Je t’embrasse.
Francine

Message de Dominique Dattola du 4 Novembre

POSTED ON 04/11/2015 a 5:05  - POSTED IN Projections

ESPEAdressé publiquement aux participants de la journée d’étude de l’ESPE de Rouen du 4 novembre 2015  par la voix de Francine Roussel du CREAL 76.

Je suis sincèrement attristé de ne pouvoir joindre ma lumière aux vôtres en cette journée d’étude sur « la gestation de la Laïcité au XVIIIe siècle » mais la mort s’est invitée à la fête et me retient loin de vous. Ma maman, Claude Jacquette dite Claire Frédéric, s’est éteinte hier à l’aube. Femme de lettres, farouche promotrice de l’égalité des sexes, reconnue comme biographe de la poétesse Manosquine Lazarine Nègre, la petite sœur de Mistral, elle s’en est allée rejoindre ses auteurs préférés : Epicure, Virginia Wolf, Char, Giono et son phare dans la nuit, Marguerite Yourcenar.

Elle était humaniste athée, je suis animiste; d’autres sont agnostiques, monothéistes ou polythéistes. Que sais-je ? De minuscules divergences terriennes que l’ordre macrocosmique ignore. Pendant que l’univers continue de se déployer au rythme qui lui plait, ici bas, nous confrontons nos petites vérités et nos grandes peurs, nos inaliénables convictions, nos moteurs vitaux ; nos réponses rassurantes au mystère insondable de notre propre finitude. Même Socrate espérait trouver dans l’autre monde des hommes meilleurs que ceux là. Depuis l’aube de l’Humanité, face à la mort, nous sommes les champions des questions sans réponse. Mais nul, au nom d’une quelconque option spirituelle, n’a le droit de persécuter ses semblables pour ses croyances, aussi désuètes, magiques, dogmatiques ou cartésiennes puissent-elles lui sembler. La plus remarquable des lois, écrivait Voltaire, c’est la tolérance universelle. Et la Laïcité, héritage du siècle des Lumières, garantit aujourd’hui à chacun la possibilité de penser librement, par le simple effet mécanique de la stricte séparation des églises et de l’état.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Sous l’ancien régime de droit divin, le Chevalier de la Barre, en 1766, en a fait les frais à Abbeville. Il s’inscrivait ainsi dans une lignée toute désignée des bouc-émissaires d’un pouvoir archaïque qui jouait sur les deux tableaux – le sabre et le goupillon – pour maintenir son autorité sans partage : le but de la torture et de la mise à mort de l’accusé n’étant pas de sauver son âme mais de terroriser le peuple et de préserver le bien public. Dans le cas du Chevalier de la Barre, il s’agissait d’atteindre Voltaire et d’intimider philosophes et encyclopédistes. A défaut de pouvoir brûler les auteurs, nous brûlerons leurs lecteurs. Pour l’Abbé Urbain Gandier, dans l’affaire des possédées de Loudun en 1634, il s’agissait de trouver un prétexte pour contraindre la ville à détruire ses murailles et lui faire perdre ainsi son autonomie. Dans l’affaire de l’Abbé Loys Goffridi en 1610 à Marseille, de renforcer le pouvoir royal dans un Comté de Provence encore trop épris d’indépendance. Des procès politiques sous couvert d’accusations de blasphèmes ou de sorcellerie. Trois victimes de la barbarie d’état, un point commun : celui d’avoir placé leurs contestations sur le plan du comportement et non sur celui de la politique : Ils étaient certes lettrés mais étaient surtout de joyeux ripailleurs, des hédonistes aux vies déliées ; non des philosophes tacticiens et retors mais des proies faciles et inconscientes des enjeux réels de leurs procès. Des cibles idéales. Des innocents.

 L’Histoire, toujours en mal de Héraults, a voulu faire du Chevalier de la Barre, un libre penseur, un érudit contestataire ; un esprit fort. Je n’en suis pas si sûr ; rien ne me le prouve. La découverte du dictionnaire philosophique portatif dans la chambre qu’il occupait à l’abbaye de Willancourt ne nous dit pas que l’ouvrage lui appartenait ou qu’il l’avait étudié en profondeur. Sa tante, madame Feydaux de Brou, l’abbesse qui l’hébergeait, en était sans doute plus vraisemblablement la véritable propriétaire. C’est mon point de vue ; mon angle d’attaque. Une chose est plus certaine, ce garnement savait lever le coude, chanter des chansons et casser des carreaux : un jeune homme de son temps, comme tous les jeunes gens de tous les temps. Un anonyme, un antihéros qui se serait bien passé d’une telle publicité et d’une fin aussi tragique.

Vous, moi, votre fils, votre frère, votre père, votre ami, votre voisin. Un anonyme tiré de l’ombre par le pouvoir établi sur la scène cruelle de la raison d’état. Voilà le sujet de mon film.

Les 3 Vies du Chevalier, de l’ancien régime à nos jours, 250 ans et deux heures en ma compagnie ; celle de mes amis et de tous les témoins de son procès, des promoteurs de la Laïcité aussi, qui ont œuvré à travers les siècles pour réhabiliter sa mémoire. Un récit Dionysiaque sur une partition musicale Appollienne. Dix ans de tournage, cent-cinquante participants. Une saga.

Je vous en souhaite une bonne projection mais quand la lumière se rallumera, je ne serai, hélas, pas là pour animer le débat comme à l’accoutumé. Ne m’en voulez pas de m’en être retourné, entre temps, accompagner ma maman aux pays des songes ; à son Serpent d’Etoiles, son Odyssée et sa Cité des Allumettes.

Que vive la liberté.

A Bientôt,

 Gréoux les Bains, ce Mercredi 4 Novembre 2015 avant le lever du soleil.

 Dominique Dattola, Réalisateur

Journée d’étude « La laïcité en gestation à partir du XVIIIe siècle »

POSTED ON 01/10/2015 a 10:10  - POSTED IN Projections

ESPE

 

 

 

 

 

Mercredi 4 novembre 2015 de 9 h 30 à 18h30

Le point de départ de cette journée d’étude est le dernier procès pour blasphème en France qui se conclut par la condamnation et l’exécution du Chevalier de la Barre en 1766. « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de choses« 

Réalisation du projet : CRÉAL 76 & l’ESPE de l’académie de Rouen auquel s’associe la Délégation académique à l’action culturelle du Rectorat de Rouen

Le matin

Amphi 250 de l’ESPE, conférence avec 3 intervenants :

 9h30 : 10 minutes de présentation de la journée. Pour contextualiser la projection du film « Les 3 vies du chevalier » de Dominique Dattola qui aura lieu en début d’après midi au cinéma L’Ariel de Mont Saint-Aignan en présence du réalisateur, nous avons fait appel à Laurent Lemarchand, historien spécialiste de cette période et Christiane Mervaud qui fut présidente de la Société des études voltairiennes. Ensuite, Henri Pena-Ruiz interviendra sur le lent cheminement vers la laïcité et son actualité.

 9h45 : Laurent Lemarchand, enseignant chercheur et membre du Groupe du recherche Histoire de l’université de Rouen, qui s’est spécialisé dans les thèmes de recherche suivants : l’histoire politique et sociale de Louis XIV à la Révolution française, l’absolutisme français, l’histoire comparative des absolutismes en Europe, les classes sociales et leurs relations en histoire. Laurent Lemarchand apportera un éclairage sur la situation politique, sociale, économique, culturelle au moment où se situe l’affaire La Barre.

 10h45 : Christiane Mervaud, professeur honoraire de littérature française à l’université de Rouen, spécialiste de l’œuvre de Voltaire, auteur de plusieurs ouvrages sur ce sujet, Docteur es lettres. Elle fut présidente de la Société des études voltairiennes de 2000 à 2010. Il nous a semblé important d’insister sur le fait que la découverte d’un exemplaire du « Dictionnaire philosophique » au domicile du Chevalier a largement pesé pour sa condamnation. Christiane Mervaud présentera l’affaire La Barre dans la correspondance et dans l’œuvre de Voltaire

Pause

 11h 45-12h15 : Présentation du film par son réalisateur Dominique Dattola. Partant de l’affaire du Chevalier de La Barre, trois fils narratifs s’entrecroisent pour raconter l’évolution de la liberté de penser depuis le siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui. C’est un film artisanal, un film de bâtisseur, un film symphonique.

L’après-midi

Cinéma L’Ariel de Mont Saint-Aignan, projection du film « Les 3 vies de Chevalier » Suivie d’une table ronde

14h00 : Projection du film : Les trois vies du chevalier de Dominique Dattola

 16h15 : Table ronde réunissant les intervenants du matin, le réalisateur, le président du CRÉAL 76 et les spectateurs.

Puis à l’amphi 250 de l’ESPE :

 17h30 : Conférence d’Henri Pena-Ruiz, philosophe et écrivain. Agrégé de l’université et docteur en philosophie, ses travaux au sujet de la laïcité font référence. Il est aussi maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris. « Henri Pena-Ruiz expliquera le sens et les fondements de la laïcité par une triple référence: l’histoire, la philosophie, et le droit. Il abordera les questions vives de l’actualité pour en montrer les enjeux. Il  s’attachera notamment à montrer l’enjeu de l’école laïque pour donner à la République les citoyens éclairés qui font sa force »

 

Renseignements : Jean-François Brochec
Service Culturel de l’ESPE de l’Académie de Rouen
2, rue du Tronquet 76130 Mont Saint Aignan
jean-francois.brochec@univ-rouen.fr

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